La Transat

La transat proprement dite
Vendredi 2 nov
Quittons le Cap Vert en fin d’après midi, après une dizaine de jours passés sur trois îles de l’archipel : Islha de sal, Sao Vicente (Mindhelo) et Brava (Fala de Agua et Nova Sintra) . Nuit calme et étoilée.
Samedi 3 nov
Peu de vent. Travers et grand largue. Irridium, appel de Pascal.
Dimanche 4 nov
Alternance de vent et de pétole. Appel maman
Lundi 5 nov
Peu de vent. Eclairs dans la nuit, les zones orageuses commencent.
Mardi 6 nov
Baignade et savonnage en pleine mer. Le soleil tape. Toujours une zone d’orages zébrée par de nombreux éclairs
Mercredi 7 nov
Nous touchons brusquement du vent après les averses  à répétition des derniers jours. L’une d’entre elles plus brutale a eu raison de la vigilance d’Olivier en train de faire la vaisselle dans le cockpit arrière et le spi qui nous tirait bien jusqu’à présent s’est déchiré avant qu’il n’ait le temps de mettre la main sur l’écoute. Au près bon plein et sous GV et Gênois nous accélérons et regagnons le temps perdu.
Jeudi 8 nov
Fort vent qui nous amène à préférer la trinquette. M… les écoutes sont parties en vrille autour du mât et sont prises dans les taquets! On attendra la fin de la pluie et du vent encore un peu fort pour aller démêler tout ça. Un ris dans la GV suffira. Quel B… sur ce bateau parfois !
Vendredi 9 nov
Belle journée avec un vent constant force 4 à 5. Allure au près, peu confortable mais nous sommes bien amarinés maintenant. Paul craint même un mal de terre violent à l’arrivée.
Amarinés nous sommes oui,  amarinés aussi à l’humidité ambiante et aux odeurs corolaires.
Pour bien faire il faudrait de la rigueur :
1)      Ne pas laisser les vêtements mouillés trainés autre part que dans la salle de bain ou à sécher dès que possible à l’extérieur
2)      Utiliser son sac de linge sale pour tout vêtement nauséabond qui traine
3)      Pour les garçons pisser correctement et ne pas arroser les cirés qui se trouvent derrière la cuvette
4)      Placer les chaussures qui puent (elles ont été vite localisées) dans le rangement du tableau arrière et pas sous notre nez dans les équipées du cokpit
5)      Ranger sa couchette et aérer au maximum
6)      Fermer les hublots avant les vagues meurtrières. On a tendance à n’y penser qu’après l’inondation.
Conclusion : La rigueur nous fait défaut.
Mangeons notre pêche de la veille : au riz à midi puis  en tartare aux poivrons le soir.
Irridium : Pascal. TVB
Samedi 10 nov
Réveillés par Neptune, les pilots endormis sont sommés d’aller repeindre en blanc le « poteau noir », de mirer dans les jumelles la LIGNE et d’ingurgiter à 7 :00 du mat, un verre de rhum à 55° (heureusement excellent). Nous avons franchi l’Equateur et nous apercevons aussitôt que les grains de la veille qui circulaient d’est en ouest le font maintenant d’ouest en est. La loi de Coriolis ?
Gênois plus trinquette pour un vent force 3 à 4 (5 sous les grains). Même allur chahutée au près qui ne nous empêche pas de déguster au dîner un foie gras (de chez Paul) et un gâteau au chocolat encore tiède. Tout ça sent bien bon !
Dimanche 11 nov
Les mouettes ( ?) sont venues nous accueillir, la terre devrait se montrer dans la journée. Toujours bonne gîte (et bon couvert aussi) et du mal à garder les vêtements et les draps au sec. Nous passons au large de San Fernando de Norona, petit archipel à la géométrie rigolote. Un avant goût de la terre ferme dans quelques jours.
Irridium. C’est dimanche et merci pour vos appels, maman, Pascal et Philippe.
Lundi 12 nov
Vu hier au soir le dernier James Bond (2008)avec les coups de gîte qui accompagnaient parfaitement les cascades de Pierce Brosnan.
Route vers San Salvadore de Bahia. Encore 4 à 5 jours de mer avant la terre promise par notre capitaine.
Décrassage à l’eau de mer et au merveilleux savon de mer. Pour la gastronomie, coq au vin / purée, miam miam.
Mardi 13 nov
Une accalmie de deux jours est prévue avant la reprise du vent (dans les 20 nœuds) d’ici deux jours. Des barques de pêcheurs apparaissent à plus de 20.000 miles de la côte et nous passons plus ou moins au milieu. Lookées tropiques avec le parasol de rigueur. Elles nous demandent une attention permanente sur le pont, ce que nous avions un peu délaissé. Pêchons deux bonites dans la journée. A midi en darnes au four après avoir cuit le pain préparé par Florent. Le soir en sushi avec ventrée de de crêpes au dessert.
Mercredi 14 nov
Lever 6 :00 . Nous nous sommes mis la veille à l’heure Brésilienne et le soleil s’est levé avant 5 :00 h. La veille au soir nous avions décalé les quarts et nous sommes couchés plus tôt. Passons à 50 m d’un bateau forage que nous avions pris de loin pour un super voilier au mât gigantesque, et de son bateau (assistance ou pilote). Quelques pêcheurs se sont greffés autour.
Naviguons grand largue et nous rapprochons de la côte afin de trouver une zone de vent meilleure pour les derniers milles (prévision d’arrivée demain début d’après midi)
Le soleil se couchera avant 6 :00h ce soir.
Jeudi 15 nov
Pendant la nuit nous guettons la lueur des phares car nous sommes à peu près à 15000milles de la côte. Un cargo passe un peu près et nous crée une petite frayeur. Les halos lumineux des zones d’habitation dessinent la côte mieux qu’en plein jour mais ce n’est qu’à 8 :00h, heure locale que Paul crie « Terre » . Elle est là au loin dans la brume ; l’air est lourd et nous mettons le moteur car la vitesse vent arrière (sans spi faut-il le rappeler) est tombée  à 2 nœuds.

4 réflexions au sujet de « La Transat »

  1. Salut Olivier, ici Simon, équipier sur Mésange Noire, tu te souviens ? Content de savoir que vous êtes bien arrivés de l’autre côté… De notre côté, on est parti le 16 octobre et ça fait presque 3 semaines qu’on est bloqué à Aguadulce en Espagne, à 200 milles de Gibraltar à cause d’une rupture du joint spi dans le sail drive du moteur… Ca devrait être réparé lundi et on a hâte de repartir pour combler le retard… J’espère qu’on te croisera à Ushuaïa… En attendant, voici mon blog : http://dujardinsimon.blogspot.be
    J’ai mis plusieurs vidéos du voyage sur ma chaine youtube : spacecowboystudio. La série a pour titre Sailing around the world – Tour du monde à la voile (2012-2013) – 1 – (jusque 4 pour le moment)… Les liens sont sur le blog…
    Bon vent,
    Simon

  2. « Pendant la nuit nous guettons la lueur des phares car nous sommes à peu près à 15000milles de la côte »… La fatigue, ou alors l’exagération marseillaise?
    Félicitations pour votre traversée. Et merci pour le récit en direct!

  3. Chapeau bas les marins ! Vous vous débrouillez comme des chefs !
    La chroniqueuse a du talent, grâce à elle nous vivons l’aventure avec vous.
    Jacqueline

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