Il pleut sur Carthagene

Deux cents milles plus au sud, après une journée et une nuit sportive et musclée, nous entrons dans le port de Carthagène au petit matin.
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Baie si bien abritée par des aplombs rocheux que les peuples de l’Antiquité ne s’y sont pas trompés et se la sont chèrement disputés. Hannibal y combattit Scipion l’Africain. La Carthagène punique qui s’est appelée Qart-Hadast puis la Carthagène romaine ont précédé tour à tour la ville militaire et industrielle avec son arsenal et ses mines de plomb, de zinc et d’argent …. Aujourd’hui nous découvrons une ville contrastée. De belles réalisations modernes pour mettre en valeur culture et tourisme et une Carthagène populaire qui nous permet d’aller manger des churros y chocolate pour pas très cher et le soir quelques raciones avec une cerveza bien fraîche.

La journée se passe sous des trombes d’eau, du rarement vu parait-il et qui font tomber à l’eau les festivités de la ville, la célèbre reconstitution des batailles Romains contre Carthaginois.

Fabrice nous quitte le lendemain et prend le bus pour attraper un avion à Alicante, retour Paris. Le toast du jour : santé, amitié, longévité et imperméabilité (nous inventons le quatrième acronyme au gré des évènements).

La prochaine fenêtre météo favorable pour reprendre notre route sera dimanche matin. Nous serons trois jusqu’à Casablanca et ajusterons notre route fonction de nos moyens et des conditions météo encore très instables. Aujourd’hui samedi , changement du point de tire de grand voile , verrouillage des chandeliers, et protection sur les ridoirs . Tourisme cette après-midi.

ps: ca y est on a le jambon !

Youhou Ibiza

Nous voici à Ibiza .
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Ce n’était pas une étape prévue mais une météo hostile nous a imposé  un mouillage au milieu de la baie de San Antoni non loin des discothèques où fourmille une jeunesse bronzée , tatouée et bruyante la nuit. Nous aussi d’ailleurs surtout quand on relève l’ancre à 5 heures du mat et que l’on vient se réfugier comme d’autres bateaux voisins chahutés au mouillage, au quai d’embarcadère des ferries. Mauvais emplacement évidemment mais urgence oblige.

Quelques heures plus tard deux employés du port de commerce viennent relever nos papiers, photographier le bateau, et nous demandent de nous acquitter du stationnement de 190 € , le tarif des bateaux commerciaux ! Sinon… c’est la Guardia Civil.

Nous pouvions nous imaginer pour ce prix demander la grue pour sortir nos bagages et le lounge de réception pour ….qui du reste ; nos clients, notre staff ?

Nos voisins hollandais un peu estomaqués ne discutent pas le prix . Le voisin catalan  tout seul sur sa vedette traite les autorités de « cam…quelque chose » et sans parler espagnol nous comprenons parfaitement  son point de vue sur la question. Du coup nous décidons de le faire à l’espagnol : si , si no,problemo, manana…  et nous disparaissons discrètement pour nous mettre à la marina voisine tout de même plus abordable.

Un grillage sépare les deux quais (photo). Nous sommes depuis deux jours du bon côté et attendons la fenêtre météo et espérons que nous pourrons rattraper le temps perdu par un vent favorable même si l’accalmie n’est pas vraiment annoncée.

Nous bricolons le bateau et améliorons  les installations et puis il faut aller plonger pour récupérer l’ancre que nous avons dû scier pour nous dégager du mouillage de pleine nuit. Il semble que, pas de chance, nous ayons accroché le seul bloc rocheux ou béton de la baie au fond sablonneux. L’aventure continue et les imprévus ne manquent pas mais notre équipe fait corps et le vin espagnol n’est pas mauvais.

Anne+

appareillage

ca y est le grand joouur de départ est arrivé  !

de corbière retour au Pharo

Des au revoir anticipés
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Ils sont venus de Charente, de Bordeaux, et plus près d’Aix en Provence pour nous dire au revoir.
Ils ont apporté les denrées précieuses : le cognac, le thé de Chine. Les lectures talismantèques : le Nouveau Testament et la Terra de Fuego. Ils ont nourris nos petits ventres d’un bon repas en un site magnifique : le parc du Palais du Pharo qui surplombe toute la baie de Marseille. Merci à vous.
Mais nous ne sommes pas encore partis…Enjoy a retrouvé son élément naturel salé et instable après deux jours passés sur ber en plein mistral. La peur d’un effet domino qui aurait fait tomber tous les bateaux rangés sur le parking m’a personnellement tenu éveillée une partie de la nuit.
Mais ce soir nous fêtons cette remise à l’eau avec une sardinade au ras de l’eau sur la plage du chantier où chaque déchet ramassé pour mettre au propre un espace pour manger, rappelle les heures d’ouvrage et les kilos d’Epoxy qui maquillent aujourd’hui le bateau : fonds de fût en plastique que Ikea pourrait bien détourner en abat-jour , monceaux de bout de CP (contre plaqué) de toute les épaisseurs, plastiques, bouteilles cassées, ferrailles etc…Nous y avons trouvé deux équipées pour le carré et de quoi faire des tringles dans les placards.

revue technique a Corbieres

Pas de pom pom girl , ni de vendanges …..
mais réparations des dégâts du précédent coup de mistral

au pharo

dimanche matin, pas de programme arrêté, mais nous commençons cette belle journée  par un petit déj avec pain frais et croissants

ca se prepare

Et tout de suite à la découpe des étagères pour aménager les placards. Même s’il y a beaucoup de place globalement c’est difficile de caser les caisses de rangement dans des volumes en biais . Donc on fait des « planchers » au fond des coffres. Et une penderie pour le blazer du capitaine (recommendation d’Yves hammard)
Photo ds 2 jours, car break à Montpellier pour dire aurevoir à Alix

Chantier naval du Pharo

Semaine 3/09 au 9/09
Musique

Le départ n’est pas pour tout de suite. La voilerie qui répare entre autre les dégâts sur la grand voile qui a morflée pendant les essais en Sardaigne, nous promet la livraison pour le 19 septembre….
Olivier entre temps a failli perdre le bateau au mouillage……… au Pharo. Le mistral conjugué à la pression des 1000 choses auxquelles penser ont eu raison de sa clairvoyance .
Bilan de l’accident : les 2 safrans à refaire. Cela sera fait ce week end…et il est grand temps . Une course contre la montre est en train de se jouer.
En effet, les terrains du Pharo, anse située juste à la sortie du vieux port avec vue magnifique sur la Major, cette basilique noire et blanche aux allures byzantine (ou vénitienne) sont maintenant sur le point d’être récupérés par la communauté de commune qui mettra ainsi fin aux activités navales existantes du quartier (photo des entreprises). Olivier qui connait bien son Marseille pour les N.. avait eu le nez creux (et aussi une bonne dose de culot) car en louant cet emplacement bien équipé pour construire son bateau, il avait bien escompté que les choses prendraient leur temps.
Deux ans et demi donc, le temps de faire un bateau de 43 pieds prêt pour son tour du monde en somme. Et ce chantier du Pharo pendant tout ce temps est devenu un lieu de vie et de travail digne des ateliers d’artistes sous le pont de Brooklyn ou des frigos des grands moulins à Paris que nous avons connu dans les années 80. Une équipe de roumains y a trouvé du travail, a investi le lieu , y a vécu, fait la fête, reçu leur famille aux vacances, et le dernier survivant « Jimmy » achève fébrilement son petit bateau à moteur qui lui permettra de rentrer au pays par le Rhin, le Danube, les canaux…(photo de Jimmy et son bateau et aidant Olivier)
Les autres sont partis il y a peu. A la recherche d’un autre travail ou prêts à pointer à l’ANPE, ou comme Michel, l’homme sans lequel Olivier aurait eu des moments de grand doute ! reparti en Roumanie.
Hier, les vautours sont arrivés en zodiac ; un premier passage, des messieurs- dames, cadres en costume , en plein travail de repérage, l’œil tournant à 360 ° pour évaluer , le panorama, le potentiel immobilier, la gentrification du quartier. Un deuxième passage une heure plus tard et deux messieurs qui s’approchent du bateau pour nous dire l’interdiction de mouiller au milieu de l’anse et nous informer que lundi, le site sera entièrement grillagé et interdit d’accès et que nous devons dégager au plus vite.
Les gendarmes vont donc arrivés. Il me semble aujourd’hui que l’hélico (très gros) piquant sur nous brusquement puis survolant le bateau ne nous voulait pas que du bien . Le climat en ce moment à Marseille est électrique. Notre zone est suspectée d’une invasion de Rom incessamment sous peu.
Il nous faut donc récupérer dare dare tout ce qui appartient au bateau : le spi très joli (photo plus tard), les outils, du bois et finir les safrans…
Ce Pharo très attachant que je connais maintenant depuis deux ans, va donc fermer. Ses gens qui s’y côtoient, y vivent et y travaillent vont partir. Elles vont disparaitre ces petites entreprises, plus ou moins vaillantes, certaines servant de prétexte à un choix de vie un peu bohême, comme Claude Carbonel qui a fait de son garage son lieu de vie et à 70 ans voit son heure arriver et n’a plus que la colère et l’agressivité pour traduire son mal être et surtout les bricolos, les Geo trouvetout, les Mac Gyver en tout genre vont perdre un merveilleux espace de liberté et de créativité.
La Communauté de communes aura-t-elle le talent d’y replacer quelque uns de ces métiers et l’intelligence de proposer à Marseille un chantier dédié aux bateaux de plaisance, un lieu pour bricoler, réparer, réaliser ses rêves, sans perdre l’âme et l’histoire de ce lieu. Un véritable projet d’entreprise industrielle en somme !

PS. Jimmy aura-t-il le temps de finir son bateau ? on, vous tiendra au courant